Petit rappel avant de commencer : aux débuts de l'informatique, programmer était surtout un métier de femmes. Beaucoup de ces inventions ont mis du temps à être reconnues - non parce qu'elles étaient mineures, mais à cause de l'époque. Les voici, créditées comme elles le méritent.

Ada Lovelace
A inventé le tout premier programme informatique, pour la machine analytique conçue par Charles Babbage.
Mathématicienne, elle a aussi prévu qu'une machine pourrait créer de la musique et de l'art - un siècle avant l'ordinateur.

Les programmeuses de l'ENIAC
Six femmes ont programmé le premier ordinateur électronique de l'histoire, l'ENIAC, en le câblant à la main.
Jean Jennings, Betty Snyder, Kay McNulty, Marlyn Wescoff, Fran Bilas et Ruth Lichterman. Longtemps oubliées, prises pour de simples « modèles » sur les photos.

Grace Hopper
A inventé le premier compilateur (1952) : l'idée qu'on peut écrire dans un langage proche de l'humain, traduit ensuite pour la machine.
Amirale de la marine, elle a popularisé le mot « bug » après avoir trouvé un vrai papillon de nuit coincé dans un ordinateur.
Hedy Lamarr
A co-inventé (brevet 1942) le saut de fréquence, à la base du Wi-Fi, du Bluetooth et du GPS.
Star de cinéma le jour, inventrice le soir. Son brevet, ignoré à l'époque, est aujourd'hui dans toutes nos poches.
Mary Clem
A inventé le « zero check », une technique pour détecter automatiquement les erreurs de calcul - l'ancêtre des contrôles d'intégrité (checksum).
Sans formation universitaire, elle dirigeait l'un des plus grands centres de calcul des années 1930.

Katherine Johnson
Mathématicienne à la NASA, ses calculs de trajectoires ont envoyé les premiers Américains dans l'espace, puis sur la Lune.
Femme noire dans l'Amérique ségréguée, John Glenn refusait de décoller tant qu'elle n'avait pas vérifié les calculs de l'ordinateur.

Margaret Hamilton
A dirigé le logiciel de vol d'Apollo 11 et inventé l'expression « génie logiciel » (software engineering).
Sur la photo, elle pose à côté de la pile imprimée de son code : aussi haute qu'elle. Ce code a sauvé l'alunissage en ignorant une surcharge à trois minutes du sol.
Katarina Berry
Développeuse d'outils et de jeux vidéo, elle se présente comme la « Sparkly Code Princess » : la preuve qu'on peut coder et être pleinement soi-même.
Elle a travaillé sur les outils de la montre connectée Pebble et sur des jeux (Alicorn Games). Il n'existe pas un seul « genre » de programmeuse - chacune amène sa couleur.
Et aujourd'hui ?
L'histoire continue : Frances Allen, première femme à recevoir le prix Turing (le « Nobel de l'informatique »), Barbara Liskov, Radia Perlman...
Et la prochaine inventeuse n'est peut-être pas encore dans les livres. Elle est peut-être en train de lire cette page.
Portraits : domaine public, Wikimedia Commons. Les médaillons (initiales) remplacent les photos dont les droits ne sont pas clairement libres pour le web.
← Voir aussi les inventeurs · retour au hub pionnières et pionniers